NELSON MANDELA : SOUS LE SIGNE D'HORUS - RE

BWEMBA – BONG
Membre du Cercle SAMORY
Groupe de Réflexion sur la Culture Africaine
pour la Renaissance du Peuple Noir
A la mémoire :
- d'Hector PETERSON (élève de 13 ans) assassiné à Soweto le 16 Février 1976 et celle des innombrables victimes de l'Apartheid,
- des innombrables combattants de la liberté assassinés par les dictateurs africains,
- des milliers de victimes de la dictature militaro-macoutiste d'Haïti,
- des Africains des Etats-Unis assassinés au cours des émeutes raciales du mois de Mai 1992, à Los Angèles et dans d'autres villes américaines.
AU PEUPLE NOIR
"En vérité, Rê à vaincu Apopis" (Livre des Morts, Ch. XXXIX)
Par BWEMBA - BONG
Membre du CERCLE SAMORY
(CESAM) - FRANCE
Groupe de Réflexion sur la Culture Africaine
Les 26, 27 et 28 Avril de cette année, le peuple d'Afrique du Sud s'est prononcé par la voie des urnes pour le gouvernement de son pays. Celui-ci a été confié à l'African National Congress (A.N.C.),et à NELSON MANDELA, son Président, ancien bagnard qui aura passé 27 ans à Robben Island pour la Cause des Peuples Africains en général et Sud-Africain en particulier.
Fondée en 1912, l'A.N.C. a inscrit à son programme, la lutte pour la Libération de l'Afrique du Sud du colonialisme. Aussi, l'élection par le peuple Sud-Africain de NELSON MANDELA, UN VRAI PRESIDENT, à la Magistrature Suprême du Pays, a changé la tradition néocoloniale qui consiste, en Afrique, à porter au pouvoir des dictateurs escrocs à la petite semaine, spécialisés dans la corruption, la luxure, le crime organisé, la fraude électorale et l'usurpation par la violence du titre de Chef d'Etat, sous la protection militaire de l'Occident dit démocratique ; de la France au premier chef. Sorte de chefs de bande qui
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n'arrêtent pas, en dépit du mépris légitime que leur témoignent nos populations, de s'auto- proclamer Président de la République, père de la nation et autres arguties du même cachet.
MESSAGE DE LA VIE DE NELSON MANDELA
Se plaçant aux antipodes de la cohorte néocoloniale supplétive des néo-négriers occidentaux, le Président NELSON MANDELA illustre à la perfection les plus grandes figures du peuple noir :
les pharaons NARMER unificateur de la Haute et de la Basse Egypte, RAMSES II et RAMSES III de l'Egypte pharaonique, les grands chefs politiques et militaires, DESSALINES, TOUSSAINT LOUVERTURE, MARCUS GARVEY, NAT TURNER, HARRIET ROSS TUBMAN de la diaspora entre autres, et ses contemporains, vrais leaders politiques : UM NYOBE, FELIX MOUMIE, ERNEST OUANDIE du Kamerun, LUMUMBA, OKITO, M'POLO du Congo-Kinshasa, KWAME N'KRUMAH du Ghana, CHEIKH ANTA DIOP du Sénégal, SAM MUJOMA de Namibie, AMILCAR CABRAL de Guinée Bissau, AGOSTINHO NETO d'Angola, SAMORA MACHEL du Mozambique.
LA LUTTE DE L'A.N.C., UN MODELE DE DIGNITE POUR LE PEUPLE NOIR
Le lendemain du référendum du 17 Mars 1992, fut le lancement d'une campagne d'euphorie généralisée sur l'Afrique du Sud. Les Occidentaux et leurs satellites africains ne tarirent pas d'éloges sur le courage, l'humanisme et la mansuétude de la communauté blanche, bien que celle-ci se soit installée en Afrique du Sud par la violence . Monsieur DE KLERK, chevalier de lumière, ange de justice, terrassant l'hydre du racisme, était ainsi miraculeusement dépouillé de son passé de fétichiste de l'Apartheid, système d'exclusion des Noirs de toute vie dans leur propre pays. Ce que les prestidigitateurs de l'opinion voulaient faire oublier contre vents et marées. C'est tout juste si les Africains n'étaient pas publiquement accusés d'avoir, par leur existence, engendré ce système criminel qui les massacre depuis des siècles. Ainsi a-t-on depuis longtemps, pris l'habitude d'écrire l'Histoire de l'Afrique Noire avec les doigts des pieds. Du plus sénile grabataire africain vermoulu de complexes d'infériorité, au plus authentique spécimen clochardisant blanc imbu de sa personne, chacun y va de sa version, sans qu'il en ait reçu mandat. Les luttes multiformes menées par les Africains d'Afrique du Sud depuis l'invasion de leur territoire en 1652, sont passées sous silence par de prétendus Chefs d'Etat africains qui, à coup sûr, auraient assassiné MANDELA s'il s'était retrouvé dans une de leurs multiples geôles. Ceux-là même qui, avec leurs suzerains occidentaux, n'ont cessé, tout au long de sa lutte pour sa libération, de comploter contre le peuple Sud-Africain. Des viols d'Africaines par les envahisseurs occidentaux sont délibérément gommés ; des siècles de massacres d'Africains sont soudain évaporés. Les vraies raisons qui président à la disparition aujourd'hui de l'Apartheid, sont étouffées par les sages de tous acabits, nos Balthazar de la paix dont, pourtant, jamais l'Histoire du continent Noir n'a enregistré la moindre action ni pour la Libération, ni pour l'Unité des Noirs en Afrique ou ailleurs dans le monde où ils sont généralement les victimes rêvées de toutes sortes d'injustices dont des assassinats.
LA RUSE, UN DES FONDEMENTS DE LA CULTURE OCCIDENTALE
Divers milieux africains et étrangers dont certains sont complices de l'Apartheid et d'autres manipulés par lui, se complaisaient déjà, depuis longtemps, dans une stratégie de désinformation qui consistait à comparer Frédérik DE KLERK, chef du Parti National Sud- Africain (Parti nazi) à Mr. Mikael GORBATCHEV, ancien responsable de l'Union Soviétique. On parlait alors volontiers de version locale de la pérestroïka, terme fort à la mode à l'époque et prisé par des éléments versés dans la mystification.
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Le Chef du Parti National Sud-Africain ne faisait certes pas exhibition des sentiments qui habitent un Eugène Terre-Blanche de l'extrême-droite, par exemple. Mais l'expérience que l'on avait de la société Sud-Africaine eut commandé, de savoir raison garder. Car alors, à vouloir dissocier la démarche générale de Frédérik DE KLERK des contraintes réelles qui l'ont amené à afficher le profil bas, on en arrivait à ne pas percevoir chez cet homme de l'appareil de l'Apartheid, sa préoccupation première qui était de sauver avant tout les intérêts de ses seuls compatriotes, la minorité blanche d'Afrique du Sud. On finissait ainsi, par de dangereux raccourcis, par faire oublier que le héros fêté en ces temps là avec pompe, est un fin produit de ce système d'oppression des Noirs, système dont il n'arrêtait pas de dire lui- même, qu'il était le meilleur pour l'Afrique du Sud. Ce système qui, alors que Monsieur Frédérik DE KLERK était Ministre de l'Education Nationale baignait dans l'euphorie raciste et assassinait froidement à Soweto, le 16 Juin 1976, des milliers de jeunes écoliers Noirs. Le vote de la communauté blanche du 17 Mars 1992, s'inscrivait-il dans le droit fil de ces réformes qualifiées d'irréversibles par Monsieur DE KLERK ? Il convenait simplement de prendre bonne note de l'événement, après s'être cependant assuré de quelques précautions nécessaires. La turbulente histoire des luttes politiques en Afrique du Sud, interpellant en effet sur une autre consultation : celle du 2 Novembre 1983, dite du partage du pouvoir. A la faveur de cette ruse mise sur pied pour marginaliser et écarter du pouvoir les Noirs de la vie politique de leur pays, le Parti National, sous la conduite de Monsieur Piéter BOTHA, convoqua aux urnes, 900 000 Indiens, 2,7 millions de Métis et son électorat blanc. Organisée dans le dessein d'offrir des perspectives plus heureuses à l'économie qui se trouvait engluée dans un retentissant échec entraîné par l'Apartheid, la kermesse électorale de Mr. BOTHA recueillit 70 % des suffrages. Le lendemain de cette consultation de la dernière chance, l'homme fort de Pretoria lançait qu'il fallait "s'adapter ou périr" ( Qui a dit que les Blancs d'Afrique du Sud manquent d'humour ?). Le même Piéter BOTHA récidivait peu de temps après dans les déclarations tapageuses : " Nous sommes engagés à réformer, et devons prendre garde de ne pas perdre la stabilité. Mais la stabilité ne veut pas nécessairement dire l'immobilisme absolu ou la stagnation. Ce projet de loi ne fournit pas une réponse complète pour tous les temps à tous nos problèmes constitutionnels".
Aubaine pour la presse occidentale particulièrement complaisante dès lors qu'il s'agit des atteintes aux libertés et à la vie du peuple noir, les déclarations du Chef de l'Apartheid furent commentées favorablement, presqu'avec emphase : un système qui exclut la majorité noire et cherche à imposer une position majoritaire permanente aux métis et aux asiatiques doit être considérée comme inacceptable Néanmoins, il est important de constater que l'Afrique du Sud a actuellement un premier ministre, qui non seulement reconnaît la nécessité de réformer, mais aussi a le courage de mettre en jeu sa réputation et son pouvoir pour les faire entrer dans les faits. Puisque le gouvernement a enfoncé un coin dans le monolithique pouvoir afrikaner, les hommes d'affaires seraient insensés de ne pas élargir la brèche. Or, malgré les gesticulations tonitruantes de Mr. BOTHA et les plumes enflammées de la presse occidentale, la libération des prisonniers politiques sud-africains et la légalisation des partis politiques jadis dissous ne vinrent point. On ne les vit poindre le nez que près d'une décennie plus tard : en 1990, quelques années après la bataille de CUITO-CANAVALE et la récession économique généralisée, résultant des luttes multiformes menées par les Africains d'Afrique du Sud et les opinions africaines et internationales contre l'Apartheid. Par conséquent, comme Monsieur BOTHA avant lui (à quelque variante près), Monsieur DE KLERK n'agissait pas autrement, et ne tenait pas à l'époque, un langage différent de celui de son prédécesseur en 1963.
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Certes, le 11 Février 1990, Pretoria laissait sortir de bagne, Nelson MANDELA qui rejoignait ainsi dans la liberté, après 27 ans de détention, 7 de ses compagnons de lutte, libérés quelques temps auparavant. Certes des partis politiques tels que le Pan African Congress of Azania (P.A.C.), crée en Avril 1959, et le Parti Communiste Sud-Africain, jadis interdits, revenaient à la légalité. Mais à y regarder de près, toutes ces actions qui se voulaient d'éclat et de progrès, ne pouvaient échapper, en grande partie, à une ruse de guerre qui visait à jeter Nelson MANDELA dans une arène politique. où INKHATA de BUTHELEZI, chef Zoulou familier secret des salons anti-africains d'occident, officiait en toute tranquillité dans la violence notamment. De même que le P.A.C. entretenait sur le terrain, des activités non dénuées d'une certaine vigueur, et réclamant le départ des Blancs d'Afrique du Sud, revendication illustrée par le mot d'ordre-slogan un colon, une balle. Outre cette revendication du P.A.C., dans la pratique de la politique en Afrique du Sud, INKHATA allié agissant du pouvoir blanc, entretenait une agitation meurtrière endémique et revendiquait, face à l'A.N.C., une place de leader, ou, au moins, d'égalité. Mais, toujours dans le cadre d'une stratégie de déstabilisation criminelle.
A l'évidence, Pretoria s'était inventé une lourde stratégie à deux pieds : d'une part, sur le plan international, les tenants de l'Apartheid, au fait des complicités raciales et idéologiques dont ils bénéficient en Occident , comptaient bien sur le nationalisme noir radical du P.A.C. et sur l'allergie de la culture occidentale au communisme, pour moissonner des soutiens en tous genres dans les pays capitalistes ; d'autre part, sur le plan interne, les idéologues de l'Apartheid se seraient sans doute interdits de se couper l'appétit si, comme par hasard, un petit accident, de préférence sous forme d'attentat mortel commis par un Noir, venait à mettre fin aux jours de Nelson MANDELA.
METTRE FIN A L'IMPOSTURE ET A LA FALSIFICATION DE L'HISTOIRE : LES GALIONS DE L'ENFER OU LE SANG DU PEUPLE NOIR
Noël 1497, VASCO DE GAMA fait escale en Afrique du Sud, près de Mossel Bay. Le 5 Avril 1652, sous la direction de Jan Van RIEBECK, une centaine de Hollandais et quelques Allemands débarquent et s'installent dans la baie du Cap. La mission de l'équipage est d'installer un établissement permanent chargé de pourvoir au ravitaillement des vaisseaux de la Compagnie des Indes Orientales qui pratique son trafic entre Amsterdam et Ceylan. Cette première édification sera le coup d'envoi de l'occupation de l'Afrique du Sud et le début des problèmes que les Africains de cette partie du Continent connaissent encore aujourd'hui. Honorant le rituel atavique de l'Occident, nos boucaniers s'attellent au viol des Africaines, en même temps qu'ils procèdent à l'installation permanente ; les Hottentotes qui sont ainsi massivement violées commencent à mettre au monde des métis. Ces enfants, fruits de la violence coloniale, sont les ancêtres de cette race blanche pure qui a inventé l'Apartheid qui assassine les Noirs en Afrique Australe au nom de la défense de la pureté raciale (il est interdit de rire. B.B.).
Les Africains comprennent maintenant que le danger est là ; la lutte de libération du pays s'organise. Seulement, l'envahisseur comme partout ailleurs, est très bien armé. Une guerre de libération de trois années, menées par les KhoïKhoïs à partir de 1657, se solde par leur extermination. Vient s'ajouter à ce danger qui s'étend déjà sur tout le territoire d'Afrique du Sud, l'arrivée entre 1688 et 1690, d'une centaine d'Huguenots, protestants français fuyant la répression catholique (la révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV) de leurs compatriotes. Au nom d'un Dieu blanc qui a crée à son image, donc Blanc, les Européens font bloc ; et, munis d'armes plus perfectionnées, mettent facilement en esclavage tout le peuple Noir d'Afrique du Sud. Outre les Sans et les KhoïKhoïs qui sont quasi exterminés, les Blancs soumettent notamment les Zoulous et les Xhosas.
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En 1910, les Blancs créent l'Union Sud-Africaine, regroupement de deux anciennes républiques Boers et de deux colonies britanniques.
Le Haut-Commissaire britannique Alfred MILNER; déclarera, euphorique : "la fin dernière est une communauté blanche entretenue par une main-d'oeuvre noire bien traitée... l'homme blanc devant gouverner, car il est à un nombre infini de degrés au-dessus de l'homme noir, à un tel nombre que ceux-ci mettrait des siècles à gravir et que la vaste population de la majorité de la population noire pourrait fort bien ne jamais gravir" ' Voir M. CUKERMAN : Cap sur la liberté, Afrique du Sud. Messidor, Ed. Sociales. Paris 1987. P. 54). Le 8 Janvier 1912, d'une Conférence réunie à Bloemfontein naît la South African Native Congress qui, en 1923, prend le nom d'African National Congress (A.N.C.). A la Conférence du 8 Janvier 1912 à Bloemfontein, le docteur PIXLEY KA ISAKA SEME déclare : "Nous sommes un seul peuple. Ces divisions, ces rivalités sont la cause de tous nos malheurs et de tous nos retards, ainsi que de notre ignorance aujourd'hui". (Voir archives de la représentation de l'A.N.C. à Paris).
En 1948, les Blancs seuls, comme récemment le 17 Mars 1992, se rendent dans les urnes pour élire le Parti qui doit diriger l'Afrique du Sud ; le Parti Unifié de SMUTS obtient 524 000 voix et 65 sièges ; le Parti National de MALAN (celui qui est toujours au pouvoir aujourd'hui en Afrique du Sud) obtient quant à lui 401 000 voix, mais 79 députés, à faveur de la magie du système majoritaire par circonscription. Un troisième parti, l'Afrikaner Party (qui devait fusionner par la suite avec le Parti National) obtient 9 députés avec 42 000 voix. On réactive alors les statuts du parti National qui dès 1942 précisaient déjà en leur article XI : "Le Parti National se considère comme le mandataire chrétien de la race européenne et fait de ce principe la base de sa politique à l'égard des races non-européennes. Conformément à ce principe, il donnera aux races non-européennes l'occasion de se développer sur leur territoire, selon leurs aptitudes et leurs capacités naturelles et leur assurera un traitement raisonnable de la part de l'administration du pays, mais il est absolument opposé à tout mélange de races européennes et non-européennes. Le parti se déclare par ailleurs en faveur de la ségrégation territoriale et politique des indigènes, ainsi que de la séparation des Européens et des non-Européens, en général dans le domaine résidentiel et autant que possible dans le domaine industriel".
Sur quoi, s'appuyant sur leurs lois du Land Act de 1912 et 1937, les Blancs, 15 % de la population, accaparent 87 % des terres, concédant aux Noirs qui représentent 80 % de la population, 13 % des terres, les 5 % restant aux Métis et aux Asiatiques :
L'APARTHEID EST EN PLACE ; SORTE DE COCKTAIL FAUSSEMENT THEOCRATIQUE DE KU-KLUX-KLAN AMERICAIN ET DE NAZISME HITLERIEN.
DES FEMMES ET DES ENFANTS A SHAPERVILLE DEJA
En Mai 1959, une Conférence de l'A.N.C. décide de lancer une campagne de résistance au pass, sorte de laisser-passer dont les Noirs doivent se munir pour circuler dans leur propre pays. Le premier Congrès du P.A.C. qui se tient en Décembre 1959, annonce une campagne sur le même thème : c'est ainsi que, le 21 Mars 1960, dix jours avant le début de la campagne lancée par l'A.N.C., les habitants des Township de SHAPERVILLE et de LANGA vont manifester devant les postes de la police : 69 personnes sont froidement abattues par la police sud-africaine, des centaines d'autres sont grièvement blessées.
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Ce massacre fut à l'origine d'émeutes dans plusieurs villes d'Afrique du Sud, à la suite desquelles le régime d'Apartheid décréta l'état d'urgence et arrêta 200 000 personnes. Au milieu de 1960, l'A.N.C. et le P.A.C. furent interdits, en vertu de la loi sud-africaine sur la répression du communisme.
RIVONIA AUSSI
Le 16 Décembre 1961, est jour férié pour les Blancs d'Afrique du Sud. Ils commémorent la victoire militaire de leurs ancêtres, les Voortrekkers afrikaners sur les guerriers africains, en 1838, au bord de la rivière Ncome (rebaptisée par les colons Rivière de Sang). Jour symbole pour les Blancs de leur supériorité sur les Noirs. Soudain, la fête est troublée par le sabotage d'installations du gouvernement sud-africain : UMKONTO WE SIZWE ( Fer de Lance de la Nation), la branche armée de l'A.N.C. vient de signaler son apparition. Les actions armées de UMKONTO WE SIZWE, vont se poursuivre toute l'année 1962 et la première moitié de 1963. Le 11 Juillet 1963, la police sud-africaine fait une descente à Lilies Farm, une ferme de RIVONIA, près de Johannesburg : elle arrête 8 dirigeants de l'A.N.C. et s'empare de quantité de documents dont elle se servira au procès dit de RIVONIA. Sont arrêtés : Walter SISULU, Guwam MBEKI, Ahmed KATHRADA, Raymond MLILABA, Rusty BERNSTEIN, Denis GOLDBERG, Elias MOTOSOALEDI et Andrew MLANGENI qui comparaissent devant le tribunal le 9 Octobre 1963, accusés de 193 actes de sabotage commis entre le 27 Juin 1962 et le jour de leur arrestation. Nelson MANDELA qui est lui emprisonné à Robben Island, à la suite de son arrestation le 5 Août 1962, est traîné à RIVONIA pour devenir l'accusé numéro un du procès.
A cette occasion, MANDELA expliquera clairement ses choix politiques et l'orientation d'UMKONTO ; refusant l'argumentation du procureur selon laquelle la lutte en Afrique du Sud se trouvait sous l'influence des étrangers et des communistes, MANDELA déclarera notamment : "Si j'ai agi comme je l'ai fait, à la fois en tant qu'individu et en tant que leader de mon peuple, c'est à cause de mon expérience en Afrique du Sud, de mon passé africain dont je suis fier et non à cause de ce qu'aurait pu dire quelqu'un de l'extérieur". Pour MANDELA, qui établissait un lien clair et net entre la tradition et la révolution, la "fierté du passé africain" évoquait sa jeunesse au Transkeï : "où l'on me faisait des récits sur les guerres menées par nos ancêtres pour défendre la patrie". Ces ancêtres ont noms : DINGAAN, BAMBATA, HINTSA, MAKANGA, DALASILE, MOSHOESHOE, SEKHUKHUMI. Le leader de l'A.N.C. poursuit : "J'espérais alors que la vie m'offrirait la possibilité de servir mon peuple et d'apporter ma faible contribution à mon combat pour la liberté. C'est ce qui m'a motivé dans tout ce que j'ai fait en liaison avec les chefs d'accusation retenus contre moi aujourd'hui".
ET CE FUT SOWETO, LES ENFANTS DE LUMIERE
1974 / 1975, les Blancs d'Afrique du Sud voient s'effondrer une partie du glacis colonial occidental : l'empire portugais s'écroule en Angola et au Mozambique, malgré la participation militaire directe de l'O.T.A.N. et de l'Afrique du Sud contre l'indépendance de ces deux territoires africains.
En Afrique du Sud même où la libération de ces deux anciennes colonies portugaises ne laissait pas insensible, la circulaire du Premier Ministre de l'éducation bantoue vint mettre le feu aux poudres en proclamant que la moitié des matières enseignées aux écoliers noirs, seraient assurées dans les classes du niveau 5 et 6 en afrikaans.
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Pour marquer l'opposition à cette réforme de l'Apartheid, le Mouvement des élèves Sud- africains ( le S.A.S.H.), décida le 13 Juin 1976, d'organiser une manifestation de masse . Pour ce faire, il constitue le "Comité d'action" de Soweto, formé de deux délégués de chaque école. Le 16 Juin, 20 000 élèves se dirigent vers le stade d'Orlando, en une manifestation pacifique. Dressée pour la répression des Noirs, la police de l'Apartheid ouvre le feu. De cette boucherie qui allait faire plus de 1 000 morts et des milliers de blessés dont le régime ne reconnaîtra officiellement que 700 morts, le premier enfant assassiné fut un jeune élève de 13 ans, Hector PETERSON.
A la suite du carnage de Soweto, des milliers de jeunes Noirs rejoignirent la camp de l'A.N.C. en dehors du territoire : 500 enseignants donnèrent leur démission. Dans les deux mois qui suivirent, et jusqu'en fin Octobre, 160 communautés noires se soulevèrent. Au mois d'Août, l'Assemblée législative de BOPHUTATSWANA fut réduite en cendres par des incendies criminels dont on releva plus de 60 cas dans les bantoustans ( zones d'habitation réservées aux Noirs). Le 11 Août, 30 personnes furent tuées dans le townships du Cap, à la suite de manifestations se rapportant au boycott des écoles. En Septembre, au Cap toujours, des élèves portant uniquement des pancartes, défilant contre l'éducation bantoue et réclamant la libération des prisonniers politiques, furent la cible de troupes armées : 30 morts. Au plus fort du soulèvement de Soweto, Steve BIKO, Président de la South-Africa Students Organisation (S.A.S.O.) qui avait déjà fait 135 jours de prison politique en 1975, était arrêté en Août 1976 et mis au secret pendant 101 jours. Arrêté une fois encore en Août 1977, Steve BIKO était assassiné par le régime sud-africain le 12 Septembre de la même année, soit 25 jours après son arrestation.
Selon un rapport de Maître R.S. DOUGLAS sur les violences au Natal : l'émergence des camps de squatter tels que Malakazi ou Lindalani a contribué au problème de la violence pour la simple raison que des criminels sans scrupules se décrètent maîtres de ces camps... Le rapport qui fait intervenir un témoin, poursuit : un gangster surnommé Thousand (Mille), décidé d'exiger des habitants du camp un loyer, a fini par être recruté pour soutenir la politique de l'INKHATA, forcé à le faire par un certain Shozi. Ces gangsters, ajoute le témoin, finissent par défendre l'idéologie de l'INKHATA ; et s'ils ne coopèrent pas, des mesures sont prises à leur endroit.
... Ces gangsters n'utilisent pas l'INKHATA comme paravent pour les actions criminelles ; ils sont purement et simplement recrutés par le Parti de BUTHELEZI, pour parvenir au but politique fixé par l'INKHATA, politique qui est de se constituer le plus de membres possible afin de s'imposer comme force politique contrôlant un espace comme Malakazi. Le rapport qui tire des enseignements de terrain observe que : De plus en plus de gens commencent à percevoir INKHATA comme indissociable du système d'Apartheid. L'homme de la rue voit les dirigeants de l'U.D.F. interdits de leur liberté d'action, alors que cela n'arrive jamais aux dirigeants de l'INKHATA. En 1987 début 1988 poursuit le rapport, d'innombrables sympathisants de l'U.D.F. ont été détenus, mais aucun membre de l'Inkhata ne l'a été, malgré le fait que pendant cette période, il est indéniable que des sympathisants de l'Inkhata ont tué au moins 124 personnes.
Pour finir, le rapport de Maître R.S. DOUGLAS, conclut sur un dernier témoin qui s'étonne qu'en ce qui concerne les différents groupes de "vigilantes", sortes de milices, ceux-ci aient pu continuer leurs activités criminelles pendant si longtemps sans être inquiétés par les
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forces de sécurité. Le témoin remarque que : jusqu'en Décembre 1989, il a relevé 27 incidents dans lesquels étaient impliqués les Amasinyoras, incidents tels que meurtres, pillages, viols, vols et intimidations des habitants, des sections J et K de Kwanashu. Que les personnels de sécurité n'ont pas arrêté les coupables, qualifiés de pro-INKHATA ..(in R.S. DOUGLAS, Doc. dactylographié). A l'analyse, la généralisation par le pouvoir blanc de la violence sur tout le territoire sud- africain, afin d'assurer la survie du système d'Apartheid confirmait la pertinence de la thèse qui situait la prétendue bonne volonté des Blancs d'Afrique du Sud dans l'impossibilité dans laquelle ils s'étaient particulièrement trouvés ces cinq dernières années, de continuer à disposer à leur gré, de l'initiative dans le pays. C'est par conséquent, contrainte et forcée par les événements et les réalités militaires, économique et sociale, que la communauté blanche se trouvait mise en demeure de s'engager dans des concessions véritables, situation que ses dirigeants, Frédéric DE KLERK en tête, ne cessait au demeurant, de truffer de manoeuvres dilatoires. En réclamant notamment, sans vergogne, des droits pour la minorité blanche d'Afrique du Sud. Celle-là même qui, depuis des siècles et par la violence la plus bestiale, privait les Noirs de la plus petite liberté dans leur propre pays, allant jusqu'à massacrer leurs nouveau-nés. Toujours avec cette inévitable ruse ancestrale, la communauté qui se réclamait encore alors d'une tribu parmi tant d'autres dans le pays, en était à se proclamer une minorité, dans le but évident d'écarter le principe politique de l'A.N.C. d'un homme, une voix, afin de continuer, par voie détournée, à conserver le pouvoir ; à l'instar de ses frères sur la quasi-majorité du continent, par le truchement du néocolonialisme.
APARTHEID : MORT OU ADAPTATION
Au moment où Nelson MANDELA et ses compagnons sont libérés en 1990, l'Afrique du Sud est en proie à des violences dites inter ethniques. L'examen approfondi de la situation, laisse apparaître que, entretenant des foyers de violence ici et là, le pouvoir blanc entendait démontrer à la face du monde que, sans l'Apartheid, donc sans le règne sans partage des Blancs, le chaos devenait une sorte de culture tropicale en Afrique du Sud. C'est cette violence mêlée à la ruse, qui avait permis, au moment même où s'élevaient partout des chorus de vivas, aux autorités sud-africaines pourtant alors déclarées très allantes dans les réformes dites irréversibles, de maintenir en geôle, des militants anti-Apartheid, lorsqu'elles n'incarcéraient pas pour simple délit d'opinion. Comme c'était le cas pour Mac MAHARAJ et Billy NAIR. Tous les deux tombés malades réclamaient en vain des soins. Ceux-ci leur étaient ostensiblement refusés par un régime qui affichait ainsi ouvertement les limites qu'il entendait fixer à sa prétoriastroïka.
Cette vérité qu'une sociologie politique africaine digne de ce nom ne peut éviter doit retenir comme particulièrement important dans le processus qui a mené aux succès des luttes de LIBERATION du Peuple africain d'Afrique du Sud, le retentissant événement en réaction aux massacres d'écoliers à Soweto, que fut la manifestation de solidarité des travailleurs noirs avec le mouvement de protestation des élèves au début du mois d'Août 1976, quand, environ 60 % des travailleurs de Johannesburg, se plaçant résolument aux côtés des élèves sud- africains, observèrent une grève de courte durée certes, mais rappelant fortement la grande mobilisation des années 50 pour la campagne de désobéissance civique. Fait d'autant plus appréciable que, l'exemple de Johannesburg était suivi, quelques semaines plus tard, pendant deux jours, par des travailleurs du Cap.
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Les coups de boutoir de la communauté non-blanche, vont porter au-delà des calculs compassés des Blancs dont les deux fonctions principales sont le massacre des Noirs et la compétition pour la palme de la communauté au niveau de vie le plus élevé au monde. Toutes dispositions qui confèrent arrogance et mépris. Grave erreur ; car, sur le plan militaire, l'Afrique du Sud blanche perd pour la première fois la maîtrise du ciel. Nous sommes à CUITO CANAVALE, en ANGOLA, en 1988. Malgré le 22 % de son budget consacré à la sécurité, c'est-à-dire à la police, à la justice et à la défense même en ces temps de rigueur, l'Etat Blanc d'Afrique du Sud se prend soudain à refuser de s'installer dans l'habitude de voir débarquer, drapés du drapeau de l'Apartheid, des cercueils contenant des corps éteints de jeunes Blancs, conscrits ou non. des jeunes eux-mêmes pour qui la guerre n'est plus une partie de plaisir pour massacrer des Nègres, et qui commencent à refuser de s'y investir. C'est l'alerte générale : ces diables de Nègres Angolais et Cubains s'autorisent à mener la bal militaire aérien contre l'invincible pays de l'Apartheid. L'aviation sud-africaine s'enfonce dans le pessimisme des défaites successives. Or, sur le plan militaire, qui s'installe dans la défaite aérienne, prépare le lit de la perte de la guerre. Les Blancs sud-africains, hormis quelques psychopathes de l'extrême-droite, mesurent désormais le désastre psychologique, humain et économique, d'une guerre dont ils ne contrôlent déjà plus le cours. Redoutable réalité qui va les obliger à apprendre à perdre tout en sauvant la face. Comme dirait la langue de Molière, contre mauvaise fortune, bon coeur. Crier au secours, à la Mère-Patrie l'Occident ? Peu de personnes seulement suivent encore le racisme tropical de l'Apartheid dans ses sinuosités philosophico-métaphysiques. Outre le mouvement international qui a unanimement et définitivement condamné l'Afrique du Sud, aux Etats-Unis d'Amérique, pays dont on sait que les Blancs ne dédaignent pas de pratiquer contre les Noirs, les mêmes rituels assassinatoires que ceux d'Afrique du Sud, un sénateur démocrate afro-américain, le sénateur DELLUM, présente au Congrès américain en juin 1988, un projet de Loi qui prévoit de faire obligation à tout citoyen américain de vendre ses intérêts dans les mines sud-africaines. A la déconfiture militaire sud-africaine, s'ajoute donc la débâcle économique qui depuis longtemps déjà a commencé à étendre ses tentacules. Les Blancs sont pris au piège de la tiers-mondisation qui guette leur communauté : un chômeur déambule par ici, un clochard traîne par là, manifestation-spectacle d'un triste avenir qui se profile à l'horizon ; le peuple de Dieu aurait-il été abandonné par le Père comme le fut déjà le Fils alors livré les pieds et les mains cloutés à la Croix impie ? Décidément il n'y a plus de valeur en ces temps difficiles et troublés par la perestroïka communiste ; le doute s'insinue, on s'ingénie alors à l'imitation, mais avec des risques calculés de la ruse ancestrale. Hélas, sur le terrain déjà, irréversible, le processus est en marche. Voici le peuple de Dieu zombifié par les affres de l'histoire des temps nouveaux. Certes le projet de loi DELLUM a été repoussé aux Etats-Unis ; certes malgré les déclarations officielles sur la lutte contre l'Apartheid, Hongkong, Taiwan et la Suisse procurent à l'Afrique du Sud une partie des prêts dont elle a besoin ; certes, la France qui ne reconnaît réellement les droits de l'homme qu'aux Blancs, la Grande-Bretagne championne de la démocratie et l'Allemagne pourtant repentie du nazisme, assurent à l'économie sud- africaine ses exportations ; sans parler de la législation qui est régulièrement détournée par la France qui, entre 1987 et 1988, a acheté à la Belgique, 1 million de tonnes de charbon sud- africain prétendument australien. Certes, l'Afrique Noire néocoloniale dont MOBUTU SESE SEKO du Zaïre, semble avoir oublié son discours aussi démagogique qu'incendiaire tenu devant l'Assemblée Générale des Nations - Unies à New-York en 1973, contre l'Afrique du Sud entre autres, fait progresser son commerce avec l'Afrique du Sud de 50 % en moyenne. Mais qu'importe ! ! !, bien que repoussé par l'Amérique, le projet DELLUM a déjà inoculé le venin. Il a contraint un certain nombre d'investisseurs américains à se désengager d'Afrique du Sud. Ce qui,, dans les faits, met très à mal l'économie sud-africaine ; même si, pour se donner bonne contenance, de nombreux Blancs veulent encore se donner fière allure. En effet, sur les indicateurs, à part le groupe De Beers qui assure 85 % de la commercialisation
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mondiale des diamants et dont la progression des ventes a été en 1988 de 35 % et le bénéfice multiplié par 2, les clignotants du reste des firmes nord-américaines signalent des moments difficiles au pays de l'Apartheid. Le secteur de l'or qui présente 14 % du Produit National Brut (P.N.B.), assurant ainsi 50 % des exportations, voit ses cours s'effondrer. De 500 dollars à la fin de 1987, le prix de l'once en est à osciller entre 360 et 370 dollars à la fin Mai 1989. La production mondiale de 1 538 tonnes en 1988, l'U.R.S.S. exclue, a dépassé la demande de 20 % en raison des politiques anti-inflationnistes des pays industrialisés qui ont fait perdre au métal jaune son caractère de placement refuge.
C'est dire que, aux premières loges des mal lotis des tourments économiques, se trouve l'Afrique du Sud en ces périodes de désordres. Sur 59 mines cotées à Johannesburg, 34 perdent de l'argent et n'arrivent plus à couvrir leurs dépenses en capital. (Très fâcheux). Comme un malheur n'arrive jamais seul, en Mai 1988; les titres East Rand possédés à 53 % par les investisseurs français et belges, voient leur cotation suspendue pendant un mois, conséquences de la fermeture (bien que provisoire) de Rand Mines. Et, malgré les subventions accordées par le régime de Pretoria pour la reprise de l'activité minière, les actions Rand Mines parviennent tout de même à perdre 65 % de leur valeur. Voici la production d'or que l'on constate descendue à son niveau des années 50, ne représentant plus que 45 % du tonnage mondial, contre 70 % dans les années 70, escortée d'une diminution du rendement et d'une augmentation accélérée du coût d'extraction. Pour ne rien arranger dans ce catalogue de catastrophes déjà chargé pour le moins, les filons de East Rand prennent sur eux de s'épuiser progressivement, contraignant les mineurs à des descentes abyssales jusqu'à 1 500, 2 000 mètres, voire 4 000 mètres, pour pouvoir exploiter un minerai de teneur acceptable.
Les sanctions internationales ne s'arrêtent pas à ces détails ; elles investissent également les échanges. Même si, dans ce domaine précis, la richesse minière du pays permet de garder une balance des paiements positive, le Bureau de la Comptabilité Nationale américain estime à 417 millions de dollars la perte annuelle de recettes d'exportation de l'Afrique du Sud sur les Etats-Unis.
Quant au pétrole en provenance du Golfe, son importation s'effectue moyennant un surcoût non négligeable ; mais, surtout, l'argent frais indispensable à l'investissement a tari. La capacité d'épargne de la population noire étant quasi nulle, les capitaux amassés par 8 millions de Blancs, s'avèrent très insuffisants pour développer le territoire (celui-ci est 2,5 fois grand comme la France) qui manque d'eau, de sites hydroélectriques, de pétrole. Situation d'autant sinistre que, l'Afrique du Sud, progressivement, a perdu sa substance financière pour rembourser une dette extérieure accumulée dans les années 1 960 - 1 970, et qui se chiffre à 21 milliards de dollars, dont 8 milliards prêtés par les banques, devant être, théoriquement remboursés en 1 990.
Pour tout compliquer, la fuite des capitaux se mêle de la partie : au fur et à mesure que la rentabilité de l'or diminue, le Rand perd de sa valeur. C'est ainsi qu'en 1 987, la dévaluation de la monnaie sud-africaine par rapport au dollar, atteint presque 30 %, ce qui entraîne une situation où la dette en monnaie américaine se renchérit. Du coup, cette inflation importée provoque une perte de compétitivité du pays de l'Apartheid.
Donc, sans afflux de nouveaux capitaux étrangers, l'économie sud-africaine est acculée à tourner en rond, en survivant poussivement entre deux crises de paiement. Pour limiter les dégâts, la seule solution qui reste aux firmes nationales, c'est de comprimer les coûts, mais ceci augmente le chômage, qui atteint du coup presque un quart de la population active. Qu'y
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faire ? Nos pauvres firmes sud-africaines sont d'autant peu en position d'investir que le gouvernement, pour combattre l'inflation, fait augmenter les taux d'intérêts qui, de 12,5 % en 1 987, passent à 19 % en 1 988.
L'Etat sud-africain ne reste pas inactif non plus ; de son côté, il se bat pour remettre ses finances à flot (c'est le moins qu'il puisse faire). C'est que, en dix ans, il a multiplié par 3 la taxe sur le chiffre d'affaires. Celui-ci atteint 13 %. BON pour le budget, mais très MAUVAIS pour l'activité.
Comme toujours dans ces cas-là, le monde des affaires sait toujours à quel saint se vouer. Le voilà qui prend le large ; de nombreux groupes privés vont aller investir massivement à l'étranger. Il en est ainsi de Liberty Life, principale compagnie d'assurances sud-africaine, qui préfère investir 300 millions de dollars dans des fonds d'assurances et d'agences immobilières britanniques. le groupe REMBRANDT ne reste pas plus fidèle au pays de l'Apartheid ; le voilà qui prend le contrôle des montres PIAGET, des bijoux CARTIER et des stylos MONT-BLANC.
Salomon KERZER, propriétaire de Casinos et de centres de loisirs, se précipite également dans l'investissement à l'étranger ; il a acheté une importante participation dans les Casinos français appartenant à Lucien BARRIERE.
En regardant de près les activités économiques de l'Afrique du Sud en ces années de fin d'essoufflement de l'Apartheid, on s'aperçoit que les activités économiques des Sud-Africains à l'étranger, ont officiellement doublé depuis 1 983. Quant aux sorties illégales de capitaux, leur estimation depuis 1 986, est portée à 12 milliards de dollars, ce qui n'est pas rien,. Surtout que, tout ceci se déroule dans un espace de temps qui, comme de juste, correspond à une période où toute une classe d'entrepreneurs sud-africains commence à émigrer en Grande- Bretagne, aux Etats-Unis et en Australie. la situation sociale n'est pas enviable ; les conflits sociaux ont culminé avec la grande grève d'Août 1 987, multipliant le nombre des journées de travail perdues. La montée en puissance de la Nationale Union of Mine (N.U.M.) qui ne compte pas moins de 200 000 membres, soit la moitié des travailleurs noirs du secteur minier, a généralisé les augmentations de salaires. Il faut dire que l'inflation a frappé depuis. Les revendications de la N.U.M. lui ont permis d'obtenir des augmentations de salaires de 10,5 % en 1 987, 16 % en 1 988, et de plus de 20 % en 1 989. Or, les fiches de paye représentaient déjà près de la moitié du coût total d'exploitation de ce secteur. Ce qui, en soi représentait pour le régime sud-africain une catastrophe dont il devait impérieusement se sortir, au risque de s'exposer à sombrer dans la débâcle. Donc, S'ADAPTER OU DISPARAITRE : le 17 Mars 1992, les Blancs ont choisi la première solution.
LE TESTAMENT D'HORUS-RE
A l'instar d'HORUS - RE qui terrassa APOPIS le dragon-serpent qui terrorisait les habitants du Delta en Egypte Noire, Nelson MANDELA a vaincu l'Apartheid et le bagne-enfer de Robben Island où il fut incarcéré pendant 27 ans. Il témoigne aujourd'hui à la face du monde que
LE PEUPLE NOIR PEUT ET DOIT TOUJOURS SE BATTRE POUR SA LIBERTE, QUELS QUE SOIENT SES OPPRESSEURS ET QUELLE QUE SOIT LA BESTIALITE ET LA LONGEVITE DE CES OPPRESSEURS.
Comme le firent le 16 juin 1 976, avec un courage qui force l'admiration et le respect, des milliers d'écoliers noirs, défendant leur DROIT A L'EDUCATION, et qui tinrent tête à la soldatesque de l'Apartheid, en Afrique du Sud. Celle-ci, comme toujours, ouvrit le feu, obéissant à sa tradition de traiter les Nègres. Assassinés et blessés par milliers, ces jeunes
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écoliers dont Hector PETERSON, le premier a être abattu, qui n'avait que 13 ans, ont honoré la mémoire de nos ancêtres qui, JAMAIS, n'acceptèrent que s'exerce sur eux, quelque domination que ce soit.
Antithèse de l'Afrique des présidents tirailleurs-banania, les élèves de SOWETO en dignes héritiers de MANDELA, ont, par leur héroïsme conforme à la tradition noire véritable, rappelé au Peuple Africain la ligne à tenir chaque fois qu'à lui se présente l'adversité. De la même manière que, envahie par les Perses sous la XXVIIème dynastie (525 - 332 Av. J.C.), d'abord par CAMBYSE, ensuite par DARIUS et enfin par XERXES, l'Egypte Noire, obéissant à ses traditions ancestrales de refus de toute domination étrangère entre autres, entretint tout au long de cette occupation, des soulèvements qui devinrent endémiques. C'est cet esprit D'INDEPENDANCE ET DE LIBERTE vis-à-vis des étrangers, que souligne Bernard ROMANT, lorsqu'il écrit : "Par contre, sous l'occupation étrangère, sous le despotisme des Perses, sous la férule des PTOLEMEES, naîtront les sentiments de contrainte et avec eux la contestation et la révolte. C'est que les dynasties non indigènes ne savent pas faire régner un esprit de lois purement égyptien qui respecte une justice, il faut bien le dire, assez locale" ( B. ROMANT : " La vie en Egypte ancienne" Ed. Minerva, 1979/80. P. 109). Il est vrai qu'auparavant, M. ROMANT avait déjà observé la soumission des Egyptiens, donc des Noirs : "Obéissance, voire soumission sont de règle pour les moins favorisés. La discipline est sévère et les châtiments exemplaires sont très strictement codifiés dans une volonté de rigueur mais bienveillant paternalisme. C'est pourquoi nul ne se plaint ..." La suggestion de M. ROMANT qui ne lit sans aucun doute pas les hiéroglyphes dans le texte, rejoint cette idée bien établie du goût des Noirs pour les pouvoirs autoritaires ; donc dictatoriaux. Ce type d'argumentaire qui s'inscrit tout logiquement dans la tactique de la guerre psychologique menée en permanence contre le Peuple Noir afin d'arriver à le convaincre de ses prédispositions à accepter des dictatures créées et contrôlées et manipulées par l'Occident notamment, ne doit, en aucun cas, abuser nos compatriotes. D'autant que, d'autres auteurs qui semblent être plus au fait du fonctionnement des institutions et des sociétés noires avant leur invasion par la race blanche, portent sur le monde noir, un regard tout à fait plus proche de la réalité. A. ERMAN et H. RANKER, écrivent en effet au sujet du Pharaon en Egypte nègre : "Le roi qui semble tout gouverner comme un dieu, est le plus souvent fort peu libre de ses mouvements. En effet, à côté de lui, se trouvent les conseillers qui ont servi son père (en Afrique Noire continentale , CUSH, avant la désorganisation politique du Pays, d'abord par les Arabes, ensuite par l'Occident, ce corps de conseillers constituait le CONSEIL DES SAGES) et auxquels l'armée des scribes et des fonctionnaires a coutume de témoigner une obéissance sans réserve, puis des généraux avec les soldats qui leur sont aveuglement soumis et le corps sacerdotal qui exerce une puissance illimitée sur les classes inférieures ... ( A. ERMAN et H. RANKE, " La Civilisation égyptienne". Ed. Payot, Paris 1 963. P.70).
Pour sa part, le philosophe grec, ARISTOTE ( 384 - 322 Av. J.C.) écrit sur l'Afrique Noire, alors appelée MEROE : "Pour la nomination des rois, les prêtres font un premier choix, des meilleurs ; puis, de cette liste, celui que le dieu a porté processionnellement selon certains rites ... Le peuple le prend pour roi ; on considère en effet, son pouvoir comme conféré par une décision divine..." ( ARISTOTE : "Politique", III, V.I.). Enfin, un autre Grec, DIODORE DE SICILE, historien ayant vécu au 1er siècle av. J.C., précise : " Vis-à-vis de ses sujets, l'élu n'agit pas arbitrairement, mais sa conduite est soumise aux lois et coutumes ancestrales, et il ne fait de faveur à personne par passe-droit..."(in Alain
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BOURGEOIS : "La Grèce antique devant la Négritude " Ed. Présence Africaine, Paris 1 971, P. 64 ; voir également, avec un intérêt particulier, l'excellent ouvrage du savant Ch. ANTA DIOP : "L'Afrique Noire Précoloniale").
Voilà qui est clair. Contrairement à ce que les spécialistes de la guerre psychologique contre le Peuple Noir, tendent à faire accepter dans l'Histoire et le vécu quotidien, JAMAIS nos ancêtres n'acceptèrent ni des régimes dictatoriaux, ni une dictature étrangère, comme cela est souvent malheureusement la cas aujourd'hui. JAMAIS, nos ancêtres, comme cela est particulièrement dommageable de nos jours, ne pouvaient imaginer leurs descendants dominés par la race blanche ; cette communauté dont un des membres, l'égyptologue français CHAMPOLLION LEJEUNE, disait qu'au temps du rayonnement de l'Egypte, donc du Monde Noir, elle était au plus bas de l'échelle de classification des races. Ce qui, du reste, est largement attesté par la BIBLE Chrétienne elle-même (Genèse, Ch X, V 6 et 8 ; et Esaïe, Ch. XVIII). Cette réalité historique, ajoutée à la prospective politique du monde en devenir, commande au Peuple Noir, où qu'il se trouve implanté et quelle que soit la manière dont cette implantation s'est faite, (razzias esclavagistes, Amériques, Antilles, Indes, Europe, Afrique- Mère) de tout mettre en oeuvre pour
EN FINIR AVEC LES REGIMES NEOCOLONIAUX AFRICAINS ET TOUS LES POUVOIRS POLITIQUES ET AUTRES, QUI OPPRIMENT LES NOIRS. COMME LE FIT DANS LA MYTHOLOGIE EGYPTIENNE, HORUS - RE, FILS DE LA DEESSE ISIS ET DU DIEU OSIRIS QUI COMBATTIT SETH, L'USURPATEUR ET RETABLIT LE TRONE DE SON PERE. COMME N'A CESSE DE LE FAIRE NELSON MANDELA DONT TOUTE LA VIE EST VOUEE A LA LIBERATION DE LA TERRE DE NOS ANCETRES.
BWEMBA - BONG
Paris, le 26 Mai 1994